Revenons sur le procédé et sur les réactions
Le président de l'université de St Denis, Pierre Lunel, a décidé de fermer la fac jusqu'au 24 avril et donc de mettre à la porte les étudiants, enseignants et personnels mobilisés depuis plus d'un mois. Il assure ainsi ses arrières en abondant dans le sens de ses supérieurs. M. le Président n'a aucune justification hormis des hypothétiques futurs problèmes de sécurité! Cela est à l'image de la frilosité ambiante où le "tout préventif" justifie bien des décisions arbitraires. A tant rechercher le risque zéro, M. Lunel, vous venez à confondre prévention et répression.
Jeudi 6 avril
8h : Blocage de l’université par les étudiants
15h30 : Les couloirs sont quasi déserts (aucun accès aux bâtiments). La plupart des étudiants mobilisés est partie en action dans Paris. Je suis alors avec quelques enseignants et personnels de l’UFR 4 (histoire, littérature, sociologie). Nous obtenons des vigiles l’accès au bâtiment de cette UFR (pour avoir accès aux ordinateurs et faire de l’information).
16h30: Des sirènes retentissent. Les pompiers nous disent « faire des tests ». Que nenni ! Ils évacuent les bâtiments. Nous apprenons ainsi par les techniciens mandatés que le président a décidé de fermer l’université pendant 15 jours (y compris la bibliothèque, le bocal informatique, les labos des enseignants chercheurs, les bureaux du personnel etc.)
En soirée : Les mails abondent. Chacun réfléchi à la stratégie à adopter vis-à-vis de cette fermeture arbitraire. Des élus du CA s’insurgent mais aucune réponse ne proviendra du président (hormis un mail informatif sur la fermeture administrative).
Vendredi 7 avril
10h30 : Impossible de joindre le président, celui-ci est "malade" ! La mairie nous prête une salle pour tenir notre Assemblée Générale. Nous nous y rendons, escortés par les CRS. Slogan : Chirac, Lunel : démission !
Tout le monde est scandalisé par l’attitude du président. Une tribune est votée. Objectif : Envoyer la tribune à la presse, demander le soutien des autres universités et convoquer la presse pour une conférence lundi après-midi. Il est convenu avec l’université de Censier que, durant les vacances, les mobilisés se retrouveront là-bas pour poursuivre le mouvement. M. Lunel se dit « de gauche », M. Lunel déclare soutenir la mobilisation, M. Lunel se dit outré des mesures ultra libérales prises par le gouvernement donc, logique, M. Lunel décide de couper l’herbe sous les pieds des personnels, enseignants et étudiants, mobilisés ou non. Vous pensiez que la démocratie pénétrait les murs d’une université ? Vous pensiez que les mesures autoritaires, arbitraires et unilatérales ne rimaient qu’avec décisions gouvernementales et patronales ? Ce qui est dommage, M. Lunel, c’est que par cette attitude vous vous attirez les foudres de tous et de chacun en nous privant d'un lieu d'études et de recherche, de rencontre et de réflexion. Et dire qu’il y a quelques semaines à peine vous nous disiez « vous savez, je suis un homme de dialogue » !
Aux dernières nouvelles (AG de vendredi) il est prévu de se réunir Lundi 10 avril à 10h à Censier pour préparer la conférence de presse qui aura lieu à 14h à Paris VIII. La présence de chacun est indispensable, la masse sera notre légitimité.